INTERVIEW DE MARIE-PIERRE JAN

Bonjour Marie-Pierre, parle-nous un peu de toi.

Native de CONCARNEAU, le dessin m’accompagne depuis ma plus tendre enfance, c’est donc tout naturellement que je passe le concourt des Beaux-Arts de Nantes en 1978 section Architecture. Je travaille 10 ans comme collaboratrice d’Architecte, et ouvre ma propre agence de Maître d’œuvre. En parallèle, j’enseigne à des lycéens, les différentes techniques de dessins abordées en Architecture. Puis j’ouvre un magasin de jouets et de décoration de chambre d’enfants, que des soucis de santé m’ont amené à arrêter au bout de 15 ans. Alors, comme une évidence, je reprends le chemin de la création et du dessin, mis de coté depuis tant d’années.

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De quoi est fait ton univers artistique ?

Un de mes amis artiste en parle en disant que je suis à la lisière de l’abstrait et du figuratif et que chacun est libre de prendre le chemin qu’il souhaite. Mes toiles traduisent des paysages, des champs, des arbres… Le tout dans une naïveté colorée qui me ressemble, où l’imaginaire est omniprésent et accessible à tous.

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Pourquoi cette utilisation de la couleur ?

Avant de passer à la peinture il y a une dizaine d’année, je dessinais essentiellement à l’encre de chine à l’aide d’une plume. Ce passage et cette évolution ne s’est pas faite sans raisons. Ce changement d’univers a plusieurs sens. Tout d’abord, le fait d’avoir travaillé dans un monde qui tourne autour des enfants, m’a considérablement influencé. Côtoyer la petite enfance, amène à percevoir et regarder la couleur de façon tout à fait différente. L’enfant va à l’essentiel et la couleur aiguise ses sens. Elle est partie prenante dans son évolution. Ensuite, la découverte tardive de ma maladie (Hémochromatose) et les divers écueils que nous réserve la vie, m’ont amené à vouloir la traduire de façon délibérément positive. Mon rayon de soleil, c’est d’entendre quelqu’un me dire que mes tableaux font du bien à l’âme, qu’ils sont chaleureux, sans agressivités, qu’ils font oublier la grisaille qui nous entoure. C’est cette émotion là que j’ai à cœur de partager et de transmettre. Voilà l’essence même de ma peinture.

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Quelles sont les techniques que tu utilises ?

Privilégiant la technique de l’Acrylique sur toile, je peins au couteau, avec mes doigts, à l’éponge… pour apporter du relief et superposer les couleurs. Mon inspiration se nourrit principalement d’une interprétation très personnelle de la géométrie des formes. Depuis quelques temps, viennent s’ajouter différentes matières (carton, papier, ficelle, …) afin d’étoffer ma recherche de sensations visuelles qu’apportent le relief.

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Quels sont les artistes qui t’inspirent ?

Ma première émotion artistique fût pour le peintre Croate Ivan RABUZIN. Sa peinture naïve a illustrée toute mon enfance. Plus tard, les compositions harmonieuses géométriques et colorées proposées par le peintre Allemand Paul KLEE ont fini d’ouvrir la voie.

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Un mot pour finir ?

Le sens que l’on prête à ma peinture dépend du regard que chacun lui porte. Elle ne se limite pas à ce qu’elle est, tout spectateur en est le libre interprète. Elle vous invite à jouer, regarder, penser …

Venez découvrir la galerie de Marie-Pierre JAN 

INTERVIEW DE DADA WA

Bonjour Dada Wa, parle-nous un peu de toi. 

Bonjour, j’ai grandi à Charleville-Mézières, entre forêts, rivières et grisaille. Puis j’ai habité en Bretagne, en Afrique, dans le sud de la France… Je m’intéresse à toutes sortes de choses, la nature, la science, l’histoire, la théologie, l’art, la musique… Je m’intéresse particulièrement à la préservation génétique des végétaux. J’aime toutes les choses de la création, j’aime ceux qui m’aiment comme ceux qui me haïssent, même si je garde des distances avec ces derniers pour me préserver. Côté boulot, j’ai beaucoup travaillé dans le BTP mais j’ai décidé d’arrêter fin 2014.

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Qu’est ce qui t’a mené vers la peinture et en particulier les portraits ?

La peinture m’a toujours intéressé, petit je traînais mes parents à des expos, je dévorais tout ce qui avait des images, bd, magasines, livres d’arts, et j’observais la construction des choses qui m’entouraient, les courbes, les perspectives… J’essayais de faire des portraits à la manière de Van Gogh, sans arriver au même résultat bien sûr.

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J’ai donc beaucoup travaillé pour partir dans un village de brousse du Burkina Faso, et là le portrait m’est apparu comme une évidence. J’en ai réalisé toute une série dans un style très académique, ce qui m’a permis de perfectionner la technique. Voilà comment j’en suis venu au portrait, je m’intéresse autant aux portraits d’humains que d’animaux.

Peux-tu nous expliquer ton rapport avec la couleur ?

J’utilise la couleur comme médecine pour soigner les maux du passé, la couleur me donne beaucoup d’énergie et permet de la transmettre au spectateur, cette transmission est d’autant plus efficace quand la spontanéité s’en mêle. Chaque couleur provoque des sensations différentes. Avant de commencer une peinture, je fais toujours un fond très coloré qui disparaît ensuite, le blanc de la toile est trop ennuyeux.al-mulock

Quels sont les artistes qui t’inspirent ?

Tous, les classiques comme les contemporains, impossible de faire un choix. La musique est aussi une grande source d’inspiration.

Un mot pour finir ?

Merci de vous intéresser à mon travail, j’espère que les réponses vous satisferont car je n’ai pas l’habitude d’en parler, je n’ai pas de grands concepts concernant la peinture, c’est du feeling, je fais ce qui vient, et peut-être que demain je ferai autre chose. L’essentiel est de faire ce qu’on aime, et si on peut transmettre cet amour aux autres, c’est encore mieux.

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Venez découvrir la galerie riche en couleurs de Dada Wa

INTERVIEW ANNE KARINE GREMBER

Anne-Karine parle nous un peu de toi..

Je suis originaire de la région Lilloise. J’ai fait plusieurs écoles d’Art. Aujourd’hui je suis infographiste, photographe et parfois illustratrice. Je suis très manuelle, j’aime la création mais surtout le dessin. C’est très maladif d’ailleurs, peu importe où je suis, parfois rien qu’un set de table en restaurant, je dessine. Ces dernières années, je me suis prise de passion pour la photographie.Je suis très polyvalente en soit, parfois je vais dessiner, parfois photographier, parfois je vais écrire simplement. Mais ces derniers temps je me consacre beaucoup plus à la photographie.

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Parle-nous un peu du concept PULLIP…

Le concept de la pullip, c’est à la base un « principe » de collection de poupée. Un peu comme celui des poupées de porcelaine mais, un peu moins kitch. Elles mesurent 30 centimètres de hauteur, elles ont une tête très grosse voir disproportionnée par rapport à leur corps, ce qui leur donne cet air « Je sors tout droit d’un manga ». Et si je me souviens bien, lorsque j’ai commencé en 2008, la customisation n’était pas aussi accessible qu’aujourd’hui. Le concept de la pullip est très aléatoire selon la personne, il peut être simplement une collection comme un personnage bien précis, ou même un support artistique pour d’autres. Chaque personne s’octroie la poupée à sa façon. C’est pour cela que la communauté est très attrayante et originale.

Comment cette passion pour les poupées est-elle survenue ?

Depuis toute petite je suis très poupée, que ce soit poupée en laine, en tissus, ou même les Barbies, je crois qu’à la maison, elles se comptaient en centaines. Cela a duré jusque très tard d’ailleurs, je crois que j’avais encore des Barbies à 16 ans. Je n’en parlais simplement pas, je ne jouais plus avec mais il m’arrivait de les habiller, les coiffer, et de simplement les voir sur une étagère me faisait sentir bien. Puis je suis allée à la Japan Expo de Paris. La première était en 2008, j’ai découvert un stand, celui de Jun Planning, qui à l’époque existait encore. Aujourd’hui, la firme se nomme Groove. J’ai tout de suite accroché sur leur grosse tête façon manga. Mais ce n’est qu’en fin d’année (2008) que j’ai vraiment commencé à collectionner.

4919259095_a66b8ec068_o (1)Je me suis mise à faire des recherches sur internet, inscrite sur mon premier forum « Pullipland ». J’ai découvert de nombreuses artistes comme Kikyo. Avec qui j’ai découvert la full customisation. Quand on parle de full customisation, il s’agit de création d’un personnage à part entière. Au début, après avoir échoué plusieurs full customisations, j’ai laissé Kikyo et Ginko&Matsuo s’occuper de leur make-up (maquillage du visage) avec des croquis, des dessins et des descriptifs. Et puis malheureusement, j’avais un travail en même temps que les études, alors c’était compliqué pour moi de faire un intégralement les personnages, donc les copines m’ont beaucoup aidé. Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de stabilité. De ce fait, je me lance vraiment dans les gros projets. Puis il m’arrive parfois de faire appel aux copines car je suis aussi une collectionneuse et que j’aime leur travail, avoir plusieurs poupées d’artistes dans sa collection, c’est très enrichissant, surtout quand leur travail est remarquable voire exceptionnel. Et cela me pousse également à en faire autant.

Combien de temps prends-tu pour mettre en scène une poupée ?

Je ne fais pas réellement attention à cela, ça peut me prendre quelques minutes comme des jours et des jours d’essais pour avoir la photo qui me convient et qui me paraît, sentimentalement parlant, représentative d’un univers ou d’une émotion.

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Quels sont les artistes qui t’inspirent ?

Il y a beaucoup d’artistes qui m’inspirent, ça peut très bien passer par des illustrateurs comme Ludovic Jacqz, Benjamin Lacombe ou François Amoretti. Ainsi que des photographes, je pense à mes ami(e)s avant tout dans la communauté, comme Darek Donnflaihd, Little Crow, Rainbow Magical Orchestra et beaucoup d’autres. Sans compter Kikyo, Rochel, Ginko & Matsuo, June, Delilah, Hestia, toutes ces personnalités qui sont une vraie source d’inspiration en soit. Elles ont toutes un univers qui m’apporte beaucoup lorsque j’aime créer. J’ai vraiment une très longue liste d’artistes à vrai dire. Alors, je vais m’arrêter ici.

Quel serait ton mot de fin ?

Le support de la poupée reste surement un support les plus enrichissant pour mon imagination. Je pense également que je resterais une éternelle petite fille.

 

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INTERVIEW NIKI LA REBELLE

Parles-nous un peu de toi…

Bonjour je suis native de la Corrèze. J’ai un certain âge et un âge certain, celui de la maturité et d’un vécu, ma foi, pas commun…J’ai grandi dans un petit village de campagne. Petite, les études m’intéressaient peu, voire même pas du tout. Excepté les cours de dessins où j’étais la seule à être assidue. Le soir à l’heure de faire mes devoirs je cachais des feuilles canson sous mes livres, afin que mes parents ne les voient pas et je gribouillais des personnages en cachette. Il m’est arrivé de me faire prendre et sévèrement gronder mais cela m’était bien égal.  Je recommençais encore et encore, bien que ma mère me disait : « cela ne te donnera pas un métier ». « Métier ?  Mais que veut-elle que je fasse ? Ce que j’aime moi c’est gribouiller et rien d’autre », me disais-je.

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Découvrez la galerie de Niki la Rebelle

Pour le reste, je préférais passer du temps à faire l’école buissonnière et à me retrouver auprès de personnes plus âgées que moi, voire même très âgées. J’aimais écouter leurs histoires, me nourrir de leur vécu. C’était ça ma façon à moi d’étudier. L’histoire de leur vie était pour moi toute une aventure : je buvais leurs paroles,  j’aimais l’expression de leurs visages lorsqu’elles s’exprimaient…  Je les observais pour me repasser le film le soir dans mon lit. A l’âge de 14 ans, ma meilleure amie en avait  87, c’est pour vous dire.

Je ne me sentais pas en adéquation avec ceux de mon âge, j’étais rarement d’accord avec leurs idées, leur façon de voir les choses. Je ne savais faire autrement que de le leur dire, ce qui créait maintes disputes et crêpages de chignons.

On m’a vite traité d’antisociale et de Rebelle. Je prenais donc le plus souvent possible le large en m’enfuyant les nuits découvrir « le monde  de la ville », voir si l’herbe était plus verte. J’avais envie de transcrire ce que je ressentais mais n’ayant pas de quoi m’offrir tout l’attirail pour dessiner, je me suis mise à écrire  de courtes histoires ainsi que des poèmes.

Mon attitude de Rebelle et de fugueuse avide de liberté m’a donc menée dans un foyer, où bien sur je ne suis pas restée. J’ai pris le large au plus vite et à l’âge de 16 ans j’ai vécu un an à la rue. J’ai y ainsi rencontré un tas de personnes différentes et intéressantes, ce qui m’a permis d’écrire à nouveau de courtes histoires sur tous ces personnages.11651230_985640734809440_543542352_n (1)

Quand as-tu commencé à t’intéresser au dessin ?

C’est vers 26 ans que j’ai repris un peu les crayons et recommencé à gribouiller des visages. Je me suis vite rendue compte que j’avais un long chemin à parcourir. C’est 25 ans plus tard seulement que j’ai pris le temps de me pencher pus sérieusement sur cette passion enfouie en moi et mise de côté faute de temps.

Ce qui m’a permis d’évoluer c’est de repasser dans ma tête toutes ces personnes rencontrées au fil de ma vie,  de refaire défiler au ralenti ma façon de les observer à cette époque.jean-gabin

 

Quelles sont les principales techniques que tu utilises ?

Il m’est impossible de dessiner le portrait d’un visage qui ne me parle pas ou qui ne me donne aucune émotion. J’ai besoin d’un ressenti, que ce soit pour un portrait ou une scène de vie. Il faut que pour moi intérieurement cela soit fort. Et là seulement dans le silence, je prends mes crayons graphites, mes fusains, mon charbon de bois en bâtonnet, mon crayon noir à l’huile, mon pastel noir et blanc et je laisse glisser tout cela sur la feuille en m’octroyant des instants ou je ferme les yeux pour mieux « croquer » dans ma tête chaque ride d’expression, chaque lueur dans le regard… J’aime le noir et blanc pour ces instants là, peut-être cela est-il pour moi comme si je dessinais un  vieux film avec tous ces visages croisés tout au long de ma vie. Rares sont les fois ou je me sers de couleurs, sauf dans des instants d’émotions telles que la colère, la peine, la rébellion. Mais maintenant,  j’utilise de l’encre de chine ou de l’acrylique.  C’est avant tout un défouloir, ce n’est pas vraiment mon domaine de prédilection.

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Niki la rebelle en pleine concentration artistique..

Si tu étais un tableau de maître, lequel serais-tu ?

Le jardinier Vallier de Paul Cézanne, 1906. Tout simplement parce qu’il me parle par sa simplicité  et me donne une émotion, celle de la Terre et de la vraie vie.

Es-tu réellement rebelle ? 

En tout cas c’est ce que l’on dit toujours de moi ;-), donc il doit bien y avoir une part de réalité après tant d’années 😉

Quel est l’artiste qui t’influence le plus ?

Je pense qu’il est le Maître des maîtres. Son plus grand tableau est « le MONDE »  et sa plus belle œuvre,  « LA VIE ».