INTERVIEW DE SANDRINE MAIA

  • Qui est Sandrine Maia ?

Née à Melun, je suis avant tout une passionnée qui ne désire pas mettre en veille mon imagination.  J’ai toujours aimé dessiner, écrire etc.  Faire que mes mains expriment ce que mon imagination me dicte est pour moi un besoin essentiel pour mon équilibre personnel. Artiste autodidacte chaque jour est un apprentissage des plus attirants.

  • Comment vous est venue cette passion pour la peinture ?

La passion de la peinture m’est venue après ma première passion, l’écriture. Suite à deux recueils de poésie publiés j’ai voulu me consacrer plus longuement à la peinture, un art où le contact direct avec la matière brute, la peinture, est primordiale pour moi. J’utilise très peu les pinceaux car je ne veux pas d’obstacles entre la toile et mes mains, à part la peinture où j’incorpore les émotions que mes androgynes me dictent.

12068028_734074593388168_1786480601_n

  • Pourquoi avoir précisément choisi le pop art comme mode d’expression?

J’ai besoin des deux émotions opposées pour pouvoir m’épanouir dans mes créations. Comme généralement mon écriture est sombrement mélancolique, le mode d’expression pop art aide à équilibrer mon imagination de par les couleurs vives et pétillantes. Il faut que les couleurs s’expriment sans barrières, voire sans codes. Une création doit attirer l’œil et je le fais de par les couleurs énergiques et mon univers artistique, les androgynes.

  • Votre marque de fabrique : les androgynes. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Je suis artistiquement attirée par le côté androgynique des personnes que je peux croiser dans la vie de tous les jours. Mes personnages avec des émotions combatives entre elles peuvent naître suite à un de mes écrits ou après une pensée. Peindre la bipolarité ou les cicatrices psychologiques sont une réelle satisfaction. Toutefois, mes créations ne doivent pas exprimer que la noirceur d’un être d’où les couleurs vives apportées sur la toile. Comme mes androgynes, mes toiles possèdent une double personnalité.  Je dis souvent que je suis amoureuse de mes androgynes car je ne peux pas vivre sans leur présence.

12092677_734074633388164_2043341493_n

  • Au-delà de la peinture, vous créez aussi des illustrations toujours dans cet esprit pop art. Vous êtes donc ouverte à d’autres modes d’expression ?

Oui bien évidemment et toujours avec mes androgynes ainsi que  leurs doubles personnalités.

  • Avez-vous en tête à d’autres expériences artistiques ?

Les expériences artistiques doivent toujours habiller un artiste sans cela il se laisse mourir. Après avoir tenté des expériences dans plusieurs domaines je me tourne maintenant vers la création de bijoux toujours très colorés.

  • Bon courage pour la suite. Quelque chose à ajouter pour finir ?

L’art est un partage passionnel qui ne doit pas être freiné par les tabous et  l’imperfection d’une création artistique est une des plus délicieuses.

INTERVIEW DE VLADO VESSELINOV

  • Bonjour Vlado. Parlez nous un peu de vous…

Bonjour. Alors je suis né et je vis en Bulgarie, un beau pays riche de sa culture et de ses traditions. Je suis un artiste qui aime les horizons lumineux et les couleurs vives. Et j’aime aussi profiter de la vie et de ma famille.

vladooo

  • Quand avez-vous commencé la peinture? Ce style vintage plus particulièrement ?

Il y a environ 7 ans, j’ai commencé à dessiner dans le magazine de bandes dessinées « Pif et Hercule ». Ca m’a beaucoup plu, j’ai trouvé ça magique et encourageant. J’ai aussi régulièrement peint des personnages de dessins animés dans les livres et les cahiers. Mais c’est surtout quand j’ai commencé à m’intéresser à des artistes pop comme Andy Warhol, Roy Lichtenstein, Tom Wesselmann ou encore Eduardo Paolozzi, que s’est réellement éveillée la magie en moi. C’est ainsi que tout a commencé.

beyond-the-horizon-iii

  • Où puisez-vous votre inspiration ?

Je suis fasciné par une époque à la fois révolutionnaire et insouciante, mais aussi pleine d’espoir et de couleur. Il s’agit des années cinquante et soixante du siècle dernier. Musique, cinéma, design, art de vivre, mode et icônes de la culture pop de l’époque. Tout cela est une mine d’or pour moi. J’essaie de mettre une touche de couleur dans le monde terne et matériel dans lequel on vit aujourd’hui.

sofia-loren

  • Quelles sont les techniques qui font votre particularité ?

Ma technique est unique et originale.  Je peins sur de la toile tissée à la main que j’ai trouvé dans le grenier de ma grand-mère et qui a été fabriquée dans les années 50 et 60. Ma technique consiste à texturiser la matière pour donner un effet d’épaisseur, un aspect papier mâché. C’est justement l’ancienneté de la matière qui apporte une certaine intégrité à mes oeuvres.

C’est une technique qui me correspond mais surtout qui m’inspire et donne de la sensualité à mes créations.

  • Un mot pour clore cette entrevue ?

Positive attitude. Et je voudrais aussi ajouter un message :

«Tu dois être le vent qui souffle la réponse – pas celui qui attend la réponse que soufflera le vent »

INTERVIEW DE JHANNE TREUFFET

  • Bonjour Jhanne, parle-nous un peu de toi.

Étant plutôt discrète et réservée, cette première question est donc la plus compliquée. Quand j’étais enfant, j’ai passé davantage de temps dans mes livres et bricolages qu’avec les autres enfants, mon goût pour le dessin a commencé très tôt, à 3 ans je dessinais déjà tous les schtroumphs.
J’ai toujours été très curieuse, j’ai donc suivi des études scientifiques sans pour autant délaisser complètement mes activités artistiques et mon univers féerique. Durant l’école d’ingénieur et la thèse, je naviguais encore entre le dessin, la musique, le jeu de rôle, les arts martiaux, le théâtre, des lectures tournées vers la science fiction et l’héroic fantasy et mon ordinateur que j’ai dû réinstaller, démonter et remonter plusieurs fois chaque année…
Je suis maintenant enseignante au collège en physique chimie (puisqu’il fallait bien me faire entrer dans une case…) c’est un plaisir pour moi de partager mes connaissances avec les jeunes (ceux qui sont intéressés…)

jhannetreuffet1

  • Où trouves-tu l’inspiration dans ce que tu dessines ou dans ce que tu peins ?

Je peux trouver mon inspiration soit dans mes rêves et histoires féeriques, soit dans mes pensées plus profondes. Le dessin m’aide à prendre conscience de ressentis parfois assez intenses et difficiles à exprimer autrement. Il me permet, comme de nombreuses activités artistiques par ailleurs, d’aborder certaines problématiques sous un autre point de vue plus sincère et sans artifices et de m’affranchir des barrières dressées par la pensée commune. Je souhaite aller au fond des choses pour pouvoir mettre en harmonie des émotions parfois compliquées avec une philosophie de la vie plus intellectuelle et rationnelle, si cela est possible…
Par ailleurs, c’est pour cette raison que je recherche et que j’apprécie particulièrement les artistes qui me font réfléchir et qui parviennent à me transmettre leur émotions et leurs compréhension des choses, quel que soit leur domaine (musique, théâtre, littérature, cinéma, peinture, danse…)

Jhannetreuffet

  • Peux-tu nous expliquer ton rapport à la poésie ?

Mon rapport à la poésie est beaucoup plus conflictuel, je suis incapable d’écrire si je n’ai rien à dire ! (Autant dire que mes résultats en français n’étaient pas fameux au lycée…) Je n’ai pas confiance en moi dans cette discipline, je m’autocritique souvent. Je publie donc un texte sur internet quand j’ai vraiment quelque chose d’important à transmettre et à partager !
En poésie j’apprécie la simplicité et la sincérité, j’admire les artistes qui osent se mettre à nu pour s’offrir tout entier et nous montrer que la réponse est là…la-fillette-au-dragon

  • Un mot pour finir ?

Je vous remercie de m’avoir invitée à créer ma petite galerie sur My Wall. Pour moi, le fait de vendre mes petits dessins est compliqué, je ne sais pas me vendre !!! Je me sens ainsi soutenue dans cette initiative. Merci également pour cette interwiew, cela m’a fait très plaisir de répondre à vos questions :)

    etre-l-instant

INTERVIEW DE MONIQUE FRANCOIS

Parlez- nous un peu de vous

Née à St Quentin dans l’Aisne. J’habite dans la région grenobloise.
Apres avoir testé différentes techniques : photos, poterie, peinture, tissage, je me suis arrêtée à la création de vêtements. Par la suite, j’ai découvert l’art numérique qui m’est apparu comme un excellent moyen de m’exprimer.
A travers ma passion, je voudrais faire partager l’idée que l’on peut, a tout âge, faire jouer les couleurs avec bonheur, et s’échapper en rêve…

Monique François

Pourquoi êtes-vous passée de la création de vêtements à la création graphique ?

La création de vêtements m’a passionnée durant 20 ans. L’évolution de la mode et la difficulté pour les femmes de se distinguer en portant des vêtements originaux m’ont conduit à changer de mode d’expression
j’ai découvert l’art numérique, les couleurs viennent égayer mon univers, et cette nouvelle technique représente ma liberté, mes émotions, ma sensibilité. Mon imagination recherche une harmonie entre les couleurs et les formes.
J’utilise des logiciels comme Photoshop et Paint shop pro qui permettent de créer des effets multiples et originaux.

Monique François

C’est surtout un travail de recherche, ou l’on ne voit pas passer le temps…….
Je joue sur les superpositions, les flous, les transparences, l’estompage, les couleurs…….

L’art numérique est applicable dans la décoration de divers espaces : voitures, enseignes, bâches, stand. Je viens de réaliser une crédence de cuisine. Il est tout à fait possible de personnaliser son application au gout de chacun. Les possibilités sont infinies.

Monique François

Quel est l’artiste qui vous influence le plus ?

Je n’ai pas un artiste, en particulier.
L’inspiration, je la trouve dans les expos, la rue, mes rêves, dans la vie de tous les jours……

J’aime beaucoup Nicolas de Staël, Klee, Klimt.

Un mot de la fin?

« La créativité autorise chacun à commettre des erreurs. L’art c’est de savoir lesquelles garder »De Scott Adams.

INTERVIEW DE MARIE-PIERRE JAN

Bonjour Marie-Pierre, parle-nous un peu de toi.

Native de CONCARNEAU, le dessin m’accompagne depuis ma plus tendre enfance, c’est donc tout naturellement que je passe le concourt des Beaux-Arts de Nantes en 1978 section Architecture. Je travaille 10 ans comme collaboratrice d’Architecte, et ouvre ma propre agence de Maître d’œuvre. En parallèle, j’enseigne à des lycéens, les différentes techniques de dessins abordées en Architecture. Puis j’ouvre un magasin de jouets et de décoration de chambre d’enfants, que des soucis de santé m’ont amené à arrêter au bout de 15 ans. Alors, comme une évidence, je reprends le chemin de la création et du dessin, mis de coté depuis tant d’années.

11770553_900404916673873_1489365982_o

De quoi est fait ton univers artistique ?

Un de mes amis artiste en parle en disant que je suis à la lisière de l’abstrait et du figuratif et que chacun est libre de prendre le chemin qu’il souhaite. Mes toiles traduisent des paysages, des champs, des arbres… Le tout dans une naïveté colorée qui me ressemble, où l’imaginaire est omniprésent et accessible à tous.

cloe

Pourquoi cette utilisation de la couleur ?

Avant de passer à la peinture il y a une dizaine d’année, je dessinais essentiellement à l’encre de chine à l’aide d’une plume. Ce passage et cette évolution ne s’est pas faite sans raisons. Ce changement d’univers a plusieurs sens. Tout d’abord, le fait d’avoir travaillé dans un monde qui tourne autour des enfants, m’a considérablement influencé. Côtoyer la petite enfance, amène à percevoir et regarder la couleur de façon tout à fait différente. L’enfant va à l’essentiel et la couleur aiguise ses sens. Elle est partie prenante dans son évolution. Ensuite, la découverte tardive de ma maladie (Hémochromatose) et les divers écueils que nous réserve la vie, m’ont amené à vouloir la traduire de façon délibérément positive. Mon rayon de soleil, c’est d’entendre quelqu’un me dire que mes tableaux font du bien à l’âme, qu’ils sont chaleureux, sans agressivités, qu’ils font oublier la grisaille qui nous entoure. C’est cette émotion là que j’ai à cœur de partager et de transmettre. Voilà l’essence même de ma peinture.

tian-jian-20

 

Quelles sont les techniques que tu utilises ?

Privilégiant la technique de l’Acrylique sur toile, je peins au couteau, avec mes doigts, à l’éponge… pour apporter du relief et superposer les couleurs. Mon inspiration se nourrit principalement d’une interprétation très personnelle de la géométrie des formes. Depuis quelques temps, viennent s’ajouter différentes matières (carton, papier, ficelle, …) afin d’étoffer ma recherche de sensations visuelles qu’apportent le relief.

11777557_900405230007175_1874250586_o

Quels sont les artistes qui t’inspirent ?

Ma première émotion artistique fût pour le peintre Croate Ivan RABUZIN. Sa peinture naïve a illustrée toute mon enfance. Plus tard, les compositions harmonieuses géométriques et colorées proposées par le peintre Allemand Paul KLEE ont fini d’ouvrir la voie.

les-cabines-7                              

Un mot pour finir ?

Le sens que l’on prête à ma peinture dépend du regard que chacun lui porte. Elle ne se limite pas à ce qu’elle est, tout spectateur en est le libre interprète. Elle vous invite à jouer, regarder, penser …

Venez découvrir la galerie de Marie-Pierre JAN 

INTERVIEW DE DADA WA

Bonjour Dada Wa, parle-nous un peu de toi. 

Bonjour, j’ai grandi à Charleville-Mézières, entre forêts, rivières et grisaille. Puis j’ai habité en Bretagne, en Afrique, dans le sud de la France… Je m’intéresse à toutes sortes de choses, la nature, la science, l’histoire, la théologie, l’art, la musique… Je m’intéresse particulièrement à la préservation génétique des végétaux. J’aime toutes les choses de la création, j’aime ceux qui m’aiment comme ceux qui me haïssent, même si je garde des distances avec ces derniers pour me préserver. Côté boulot, j’ai beaucoup travaillé dans le BTP mais j’ai décidé d’arrêter fin 2014.

such-a-boring-place

Qu’est ce qui t’a mené vers la peinture et en particulier les portraits ?

La peinture m’a toujours intéressé, petit je traînais mes parents à des expos, je dévorais tout ce qui avait des images, bd, magasines, livres d’arts, et j’observais la construction des choses qui m’entouraient, les courbes, les perspectives… J’essayais de faire des portraits à la manière de Van Gogh, sans arriver au même résultat bien sûr.

11791011_1593902027537955_652746617_o11768827_1593902050871286_2140915518_o11756780_1593902290871262_891561413_oMon éducation fait que je m’ exprime peu par la parole, donc je le faisais par le dessin. Puis entre 14 et 17 ans j’ai acheté des bombes pour m’amuser dans la rue, ce qui m’a permis de perfectionner l’association des couleurs et la perspective. Puis j’ai voulu aller aux beaux-arts de Rennes, j’ai dû faire une demande de dérogation car je n’ai pas de bac (j’ai arrêté juste avant). Je n’ai pas pu accéder au concours d’entrée sous prétexte que mon dossier n’était pas assez contemporain, aujourd’hui je leur suis reconnaissant.

J’ai donc beaucoup travaillé pour partir dans un village de brousse du Burkina Faso, et là le portrait m’est apparu comme une évidence. J’en ai réalisé toute une série dans un style très académique, ce qui m’a permis de perfectionner la technique. Voilà comment j’en suis venu au portrait, je m’intéresse autant aux portraits d’humains que d’animaux.

Peux-tu nous expliquer ton rapport avec la couleur ?

J’utilise la couleur comme médecine pour soigner les maux du passé, la couleur me donne beaucoup d’énergie et permet de la transmettre au spectateur, cette transmission est d’autant plus efficace quand la spontanéité s’en mêle. Chaque couleur provoque des sensations différentes. Avant de commencer une peinture, je fais toujours un fond très coloré qui disparaît ensuite, le blanc de la toile est trop ennuyeux.al-mulock

Quels sont les artistes qui t’inspirent ?

Tous, les classiques comme les contemporains, impossible de faire un choix. La musique est aussi une grande source d’inspiration.

Un mot pour finir ?

Merci de vous intéresser à mon travail, j’espère que les réponses vous satisferont car je n’ai pas l’habitude d’en parler, je n’ai pas de grands concepts concernant la peinture, c’est du feeling, je fais ce qui vient, et peut-être que demain je ferai autre chose. L’essentiel est de faire ce qu’on aime, et si on peut transmettre cet amour aux autres, c’est encore mieux.

give-love

Venez découvrir la galerie riche en couleurs de Dada Wa

INTERVIEW ANNE KARINE GREMBER

Anne-Karine parle nous un peu de toi..

Je suis originaire de la région Lilloise. J’ai fait plusieurs écoles d’Art. Aujourd’hui je suis infographiste, photographe et parfois illustratrice. Je suis très manuelle, j’aime la création mais surtout le dessin. C’est très maladif d’ailleurs, peu importe où je suis, parfois rien qu’un set de table en restaurant, je dessine. Ces dernières années, je me suis prise de passion pour la photographie.Je suis très polyvalente en soit, parfois je vais dessiner, parfois photographier, parfois je vais écrire simplement. Mais ces derniers temps je me consacre beaucoup plus à la photographie.

Portrait OT (1)                                                 Venez découvrir la galerie d’ Anne-Karine

Parle-nous un peu du concept PULLIP…

Le concept de la pullip, c’est à la base un « principe » de collection de poupée. Un peu comme celui des poupées de porcelaine mais, un peu moins kitch. Elles mesurent 30 centimètres de hauteur, elles ont une tête très grosse voir disproportionnée par rapport à leur corps, ce qui leur donne cet air « Je sors tout droit d’un manga ». Et si je me souviens bien, lorsque j’ai commencé en 2008, la customisation n’était pas aussi accessible qu’aujourd’hui. Le concept de la pullip est très aléatoire selon la personne, il peut être simplement une collection comme un personnage bien précis, ou même un support artistique pour d’autres. Chaque personne s’octroie la poupée à sa façon. C’est pour cela que la communauté est très attrayante et originale.

Comment cette passion pour les poupées est-elle survenue ?

Depuis toute petite je suis très poupée, que ce soit poupée en laine, en tissus, ou même les Barbies, je crois qu’à la maison, elles se comptaient en centaines. Cela a duré jusque très tard d’ailleurs, je crois que j’avais encore des Barbies à 16 ans. Je n’en parlais simplement pas, je ne jouais plus avec mais il m’arrivait de les habiller, les coiffer, et de simplement les voir sur une étagère me faisait sentir bien. Puis je suis allée à la Japan Expo de Paris. La première était en 2008, j’ai découvert un stand, celui de Jun Planning, qui à l’époque existait encore. Aujourd’hui, la firme se nomme Groove. J’ai tout de suite accroché sur leur grosse tête façon manga. Mais ce n’est qu’en fin d’année (2008) que j’ai vraiment commencé à collectionner.

4919259095_a66b8ec068_o (1)Je me suis mise à faire des recherches sur internet, inscrite sur mon premier forum « Pullipland ». J’ai découvert de nombreuses artistes comme Kikyo. Avec qui j’ai découvert la full customisation. Quand on parle de full customisation, il s’agit de création d’un personnage à part entière. Au début, après avoir échoué plusieurs full customisations, j’ai laissé Kikyo et Ginko&Matsuo s’occuper de leur make-up (maquillage du visage) avec des croquis, des dessins et des descriptifs. Et puis malheureusement, j’avais un travail en même temps que les études, alors c’était compliqué pour moi de faire un intégralement les personnages, donc les copines m’ont beaucoup aidé. Aujourd’hui, j’ai beaucoup plus de stabilité. De ce fait, je me lance vraiment dans les gros projets. Puis il m’arrive parfois de faire appel aux copines car je suis aussi une collectionneuse et que j’aime leur travail, avoir plusieurs poupées d’artistes dans sa collection, c’est très enrichissant, surtout quand leur travail est remarquable voire exceptionnel. Et cela me pousse également à en faire autant.

Combien de temps prends-tu pour mettre en scène une poupée ?

Je ne fais pas réellement attention à cela, ça peut me prendre quelques minutes comme des jours et des jours d’essais pour avoir la photo qui me convient et qui me paraît, sentimentalement parlant, représentative d’un univers ou d’une émotion.

11750929_1473092903004919_493122060_o

Quels sont les artistes qui t’inspirent ?

Il y a beaucoup d’artistes qui m’inspirent, ça peut très bien passer par des illustrateurs comme Ludovic Jacqz, Benjamin Lacombe ou François Amoretti. Ainsi que des photographes, je pense à mes ami(e)s avant tout dans la communauté, comme Darek Donnflaihd, Little Crow, Rainbow Magical Orchestra et beaucoup d’autres. Sans compter Kikyo, Rochel, Ginko & Matsuo, June, Delilah, Hestia, toutes ces personnalités qui sont une vraie source d’inspiration en soit. Elles ont toutes un univers qui m’apporte beaucoup lorsque j’aime créer. J’ai vraiment une très longue liste d’artistes à vrai dire. Alors, je vais m’arrêter ici.

Quel serait ton mot de fin ?

Le support de la poupée reste surement un support les plus enrichissant pour mon imagination. Je pense également que je resterais une éternelle petite fille.

 

thunder the calavera

INTERVIEW NIKI LA REBELLE

Parles-nous un peu de toi…

Bonjour je suis native de la Corrèze. J’ai un certain âge et un âge certain, celui de la maturité et d’un vécu, ma foi, pas commun…J’ai grandi dans un petit village de campagne. Petite, les études m’intéressaient peu, voire même pas du tout. Excepté les cours de dessins où j’étais la seule à être assidue. Le soir à l’heure de faire mes devoirs je cachais des feuilles canson sous mes livres, afin que mes parents ne les voient pas et je gribouillais des personnages en cachette. Il m’est arrivé de me faire prendre et sévèrement gronder mais cela m’était bien égal.  Je recommençais encore et encore, bien que ma mère me disait : « cela ne te donnera pas un métier ». « Métier ?  Mais que veut-elle que je fasse ? Ce que j’aime moi c’est gribouiller et rien d’autre », me disais-je.

11663900_1533840283505048_836819858_o

Découvrez la galerie de Niki la Rebelle

Pour le reste, je préférais passer du temps à faire l’école buissonnière et à me retrouver auprès de personnes plus âgées que moi, voire même très âgées. J’aimais écouter leurs histoires, me nourrir de leur vécu. C’était ça ma façon à moi d’étudier. L’histoire de leur vie était pour moi toute une aventure : je buvais leurs paroles,  j’aimais l’expression de leurs visages lorsqu’elles s’exprimaient…  Je les observais pour me repasser le film le soir dans mon lit. A l’âge de 14 ans, ma meilleure amie en avait  87, c’est pour vous dire.

Je ne me sentais pas en adéquation avec ceux de mon âge, j’étais rarement d’accord avec leurs idées, leur façon de voir les choses. Je ne savais faire autrement que de le leur dire, ce qui créait maintes disputes et crêpages de chignons.

On m’a vite traité d’antisociale et de Rebelle. Je prenais donc le plus souvent possible le large en m’enfuyant les nuits découvrir « le monde  de la ville », voir si l’herbe était plus verte. J’avais envie de transcrire ce que je ressentais mais n’ayant pas de quoi m’offrir tout l’attirail pour dessiner, je me suis mise à écrire  de courtes histoires ainsi que des poèmes.

Mon attitude de Rebelle et de fugueuse avide de liberté m’a donc menée dans un foyer, où bien sur je ne suis pas restée. J’ai pris le large au plus vite et à l’âge de 16 ans j’ai vécu un an à la rue. J’ai y ainsi rencontré un tas de personnes différentes et intéressantes, ce qui m’a permis d’écrire à nouveau de courtes histoires sur tous ces personnages.11651230_985640734809440_543542352_n (1)

Quand as-tu commencé à t’intéresser au dessin ?

C’est vers 26 ans que j’ai repris un peu les crayons et recommencé à gribouiller des visages. Je me suis vite rendue compte que j’avais un long chemin à parcourir. C’est 25 ans plus tard seulement que j’ai pris le temps de me pencher pus sérieusement sur cette passion enfouie en moi et mise de côté faute de temps.

Ce qui m’a permis d’évoluer c’est de repasser dans ma tête toutes ces personnes rencontrées au fil de ma vie,  de refaire défiler au ralenti ma façon de les observer à cette époque.jean-gabin

 

Quelles sont les principales techniques que tu utilises ?

Il m’est impossible de dessiner le portrait d’un visage qui ne me parle pas ou qui ne me donne aucune émotion. J’ai besoin d’un ressenti, que ce soit pour un portrait ou une scène de vie. Il faut que pour moi intérieurement cela soit fort. Et là seulement dans le silence, je prends mes crayons graphites, mes fusains, mon charbon de bois en bâtonnet, mon crayon noir à l’huile, mon pastel noir et blanc et je laisse glisser tout cela sur la feuille en m’octroyant des instants ou je ferme les yeux pour mieux « croquer » dans ma tête chaque ride d’expression, chaque lueur dans le regard… J’aime le noir et blanc pour ces instants là, peut-être cela est-il pour moi comme si je dessinais un  vieux film avec tous ces visages croisés tout au long de ma vie. Rares sont les fois ou je me sers de couleurs, sauf dans des instants d’émotions telles que la colère, la peine, la rébellion. Mais maintenant,  j’utilise de l’encre de chine ou de l’acrylique.  C’est avant tout un défouloir, ce n’est pas vraiment mon domaine de prédilection.

11651345_1533840206838389_2025482448_n
Niki la rebelle en pleine concentration artistique..

Si tu étais un tableau de maître, lequel serais-tu ?

Le jardinier Vallier de Paul Cézanne, 1906. Tout simplement parce qu’il me parle par sa simplicité  et me donne une émotion, celle de la Terre et de la vraie vie.

Es-tu réellement rebelle ? 

En tout cas c’est ce que l’on dit toujours de moi ;-), donc il doit bien y avoir une part de réalité après tant d’années 😉

Quel est l’artiste qui t’influence le plus ?

Je pense qu’il est le Maître des maîtres. Son plus grand tableau est « le MONDE »  et sa plus belle œuvre,  « LA VIE ».